JANVIER
2004
AU-DELÀ
DE NOS FRONTIÈRES
VISITE
DE CONNEXIO EN AMÉRIQUE LATINE
Dans le cahier des charges du département latino-américain
de Connexio, il est mentionné entre autres la nécessité
d'accompagner et de soutenir le travail des collaborateurs suisses
ou français engagés dans ces pays et également
de suivre les différents projets que nos Églises
partenaires désirent promouvoir dans leur pays.
ARGENTINE :
Après 15h de vol, notre petite équipe
(Barbara OPPLIGER, présidente de ce département
de Connexio, Andreas STÄMPFLI, secrétaire général
de Connexio et moi-même) prenons quartier pour quelques
jours à l'Institut Supérieur de Théologie
(ISEDET).
Premières visites:
Le dimanche nous en profitons pour visiter Hanni
GUT à Mercedes. A notre arrivée le culte est terminé
mais les enfants se trouvent encore dans les groupes d'école
du dimanche, tous âges confondus. Les uns mettent en scène
l'histoire qu'ils viennent d'entendre, les autres composent un
chant.
Après un bon repas avec la famille, nous partons avec
Hanni au second culte à Chivilcoy, paroisse qu'elle dessert
avec un collègue. La journée se termine avec une
célébration d'anniversaire, chants et danses, suivie
de trois heures de bus pour retourner à Buenos-Aires.
Le lendemain, nous rencontrons Denise SIGRIST, pasteur à
Paraná. Elle a voyagé toute la nuit pour nous voir
et réfléchir avec nous sur son travail et son avenir.
Nous nous réjouissons de la revoir au printemps prochain
pour un temps de visite dans nos Églises en Suisse et
en France.
Vers le Sud:
Les 3 jours suivants nous nous « divisons
». Alors que Barbara et Andreas «montent»
au Chaco et visitent le travail parmi les Tobas avec Annerös
VÖGELI, moi-même je prends le bus pour «descendre»
vers le Sud. Après un voyage de 12h, j'arrive au petit
matin à Carmen de Patagones où Étienne RUDOLPH
m'attend au terminal de Buses. L'accueil fraternel d'Anne et
d'Étienne ainsi que de leurs trois enfants (Êve,
Noé et Lucie) fait du bien, particulièrement dans
l'ambiance d'un printemps frais et venteux de Patagonie. Et la
visite aux baleines sera même très humide. La famille
RUDOLPH, après s'être engagée pour quatre
ans avec la IEMA (Iglesia Evangelica Metodista en Argentina)
sera probablement rentrée en France quand vous lirez ces
lignes. Nous leur souhaitons courage et forces renouvelées
pour terminer le travail intense fourni dans la région.
Des «table rond»:

Nellie RITCHIE, évêque de l'Église
Méthodiste en Argentine
De retour à Buenos-Aires, toute la journée du
samedi est consacrée à la première «table
ronde» de ce voyage en Amérique latine avec
les responsables de la JUM (Junta Unida de Misiones), une organisation
regroupant plusieurs Églises engagées dans le travail
parmi les Tobas au Chaco.
Si le dimanche il nous est donné de participer à
un culte à Buenos Aires et de vivre l'après-midi
un temps de récréation dans la réserve naturelle
«Costanera Sur» aux portes de la ville, de
lundi à mercredi nous sommes à nouveau rassemblés
pour une autre «table ronde», cette fois avec
les dirigeants de notre Église en Argentine. Nellie RITCHIE,
évêque de la IEMA, préside nos travaux qui
consistent à réfléchir comment vivre réellement
le partenariat entre nos Églises. Notre engagement ne
pouvant consister simplement à envoyer de l'argent ou
des pasteurs (alors que nous-mêmes en manquons aussi),
il s'agit de vivre réellement l'échange. De là,
entre autres, l'invitation à participer du 4 au 9 janvier
2004 au Festival de Fe (foi) qui aura lieu à Cordoba.
Santa Fe :
Suit un moment fort avec la présentation
que nous fait le surintendant de la région de Santa Fe
au sujet des grandes inondations qui ont submergé la ville.
Les Églises se sont mobilisées pour secourir, aider,
héberger les milliers de personnes évacuées
dont les maisons et tous les biens avaient été
détruits.
Dans ces communautés-là, mais aussi suite à
la grande crise économique qui a touché l'Argentine
en 2001, l'Église a changé (c'est un des surintendants
qui parle) :
«Il y a 20 ans, l'Église priait pour les pauvres
et elle élaborait des projets pour eux, projets qu'elle
était prête à financer aussi. Aujourd'hui,
après la crise, les pauvres sont dans l'Église
et l'Église vit un renouvellement par l'intérieur.
Elle n'a plus de finances. Elle n'a plus assez d'argent pour
verser les salaires des pasteurs (ceux-ci ne peuvent demander
à leurs membres de verser davantage ; leurs salaires,
même s'ils sont insuffisants, sont généralement
supérieurs à ceux de la majorité des personnes
qui fréquentent l'Église.»
CHILI :
Après l'Argentine, nous poursuivons notre
tournée au Chili. Avec l'ensemble du cabinet (l'évêque
Pedro GRANDON et tous les surintendants) nous nous retrouvons
à Viña del Mar, une nouvelle «avanzada»
(poste pionnier), pour partager les joies et les difficultés,
les projets de notre Église dans ce pays. Cette Église
a ouvert 15 nouveaux lieux de prédication dans l'année
écoulée à l'exemple de Viña del Mar.
Un fort désir de partenariat
:
Là également le désir est
très fort que notre partenariat d'Église ne se
limite pas simplement à un envoi ou à un soutien
avec de l'argent, mais à un réel partenariat pouvant
se concrétiser par des échanges de pasteurs, des
visites réciproques, des jumelages d'Églises. Un
tel échange est un des premiers objectifs de Connexio.
Il est possible et simplifié aujourd'hui grâce au
courrier électronique.
Pendant notre séjour en Amérique du Sud, un surintendant,
la présidente des collèges méthodistes du
Chili, ainsi que la responsable de la jeunesse en Amérique
latine visitaient nos Églises en Suisse.
En février, le pasteur Lorna BARRA viendra pour une année
dans la paroisse de Bâle-Riehenring. Merci pour votre soutien
dans la prière. Cette expérience ne sera pas facile
pour elle, sa famille restant à Santiago durant cette
période.

Statue en mémoire des peuples indigènes sur
la Plaza de Armas à Santiago (Chili)
Si des personnes, jeunes ou moins jeunes, désirent
s'engager comme volontaires pour une période de 1, 2 ou
3 mois, voire plus, bien des possibilités sont offertes.
N'hésitez pas à prendre contact, posez des questions
à votre pasteur ou au délégué-Connexio
de votre paroisse.
Vers le Sud :
Le samedi soir, au retour de Viña del Mar,
l'évêque me propose de l'accompagner dans son voyage
dans le Sud. Après un voyage d'une nuit en car, nous célébrons
l'anniversaire d'un jardin d'enfants à Nuevo Imperial,
près de Temuco et participons au culte dans 3 communautés
différentes l'après-midi et la soirée. Je
retrouve avec beaucoup de joie bien des amis que j'avais appris
à connaître dans cette région six ans auparavant.
A 22h nous reprenons le car pour revenir à Santiago. L'évêque,
lui, poursuit son voyage en avion le matin-même pour Iquique
(2000 km plus au nord du pays) et moi, rejoignant mes deux collègues,
j'ai encore l'occasion de visiter deux oeuvres sociales de l'Église:
un travail parmi les enfants et les adultes handicapés
physiques et psychiques. Le lendemain matin nous nous embarquons
pour le retour au pays.
Ces quelques lignes témoignent de la profondeur des rencontres,
de l'intensité du vécu, expériences toujours
difficiles à transcrire sur la feuille blanche. Il me
reste pourtant l'espérance que votre intérêt
pour Connexio ait été éveillé. Merci
pour votre soutien dans la prière pour l'accompagnement
de tous nos collaborateurs, ainsi que pour votre soutien financier
sans lequel une telle oeuvre ne pourrait subsister.
Daniel NUSSBAUMER, surintendant
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